Chapitre 4

 

« Que faire maintenant ? Tout ce voyage pour rien ! » Se demandait Karim, il était resté assis au coin de son lit, la tête entre les mains. « Quelle vie ! J’ai payé d’avance une semaine dans ce foutu motel et je n’ai plus ma moto ! Je vais moisir ici ! » Il mit un terme à son chagrin en se relevant brusquement. « Malakalmauth est toujours vivant ! » dit-il à haute voix. Il avait soudainement retrouvé le sourire et se décida enfin à sortir prendre l’air.

 

            Contrairement aux gens, pour se promener dans une nouvelle ville ou dans n’importe quel endroit où l’on débarque pour la première fois, Karim s’y prenait à sa façon, il délaissait les grands boulevards et les routes avec leurs panneaux publicitaires géants et leurs belles boutiques aux enseignes lumineuses telles des étoiles pour ce ciel urbain, pour tourner à la première à droite puis à gauche, puis à droite à tout hasard empruntant les petites ruelles, s’enfonçant le plus loin possible dans les recoins de la ville, évitant toute présence humaine. C’est ce qu’on appelle chez les rockeurs la sortie de l’ermite.

 

            De l’autre côté de la métropole, ou plutôt un peu vers le centre-ville, quelqu’un d’autre se réjouissait pleinement de l’annulation du combat de Malakalmauth. Clif Deepurp avait siégé longtemps ce soir-là dans son bureau, justement pour démontrer à tous ceux qui doutaient de sa compétence qu’il pouvait facilement résoudre une affaire. Il était toujours en train de savourer sa victoire, quand il eut la visite de Borton le jeune policier.

-                     J’ai du nouveau chef, Malakalmauth combat samedi prochain !

-                     Quoi ? Comment ? Demanda Clif. Son visage rougissait subitement et la sueur dégoulinait de tout son corps. Sa joie s’était transformée rapidement en colère

-                     Le site de Malakalmauth parle de la fermeture du Funéraréna, ils disent qu’ils n’ont rien à voir avec ce sujet et que ce n’est pas pour autant que le catcheur devrait s’arrêter...

-                     Ils ! C’est qui, ils ? Cesse de parler si tu n’as rien de plausible à me dire ! s’écria Clif en se levant. Il se tue quand il entendit des éclats de rire dans le couloir.

-                     Ça se passera à vingt et une heures au Jardin Brulé, dit Borton en claquant la porte derrière lui.

 

La promenade à pieds de Karim avait duré toute la soirée. Il était presque vingt-trois heures, quand il se rappela qu’il fallait vérifier quelque chose sur internet. Pour lui, qui s’était retrouvé au beau milieu de nulle part, chercher un ordinateur connecté à la toile lui paraissait moins évident. Il essaya de retourner sur ses pas puisqu’il avait bêtement laissé son portable au motel, mais pour rentrer, il lui aurait fallu encore plus de temps. Karim rebroussa chemin et devint plus vigilant, plus regardant autour de lui. Soudain, il remarqua à ras le mur en bas d’un immeuble, une installation de câbles à fibres optiques. « Un centre informatique, peut-être ! Un cyber café je dirais plutôt ! » Paria-t-il en reculant pour mieux voir tous les étages. Il s’introduisit dans le bâtiment et se dépêcha de lire une à une toutes les pancartes du hall. « Des médecins, des architectes, des avocats et même un gourou ! Mais ou es ce que vont les câbles alors ? » Plaisantait Karim. Sa curiosité le poussait souvent à aller très loin. « Voyons un peu ! » Ajouta-t-il en appelant l’ascenseur.

 

Faire l’inspecteur ou plutôt jouer au facteur de nuit plaisait beaucoup à notre noctambule. Il s’amusa à faire du porte-à-porte demandant un renseignement sur leur abonnement au web à des gens qui avaient accepté de lui ouvrir. Son énergie et sa persévérance le propulsèrent jusqu’au trente neuvièmes étage quand t-il fut frapper par une musique. « Du rock ! » S’étonna Karim. Il s’approcha lentement d’un appartement dont la porte était entre-ouverte. « Bizarre aucune lumière n’est allumée ! » Il la poussa doucement, la musique devint nettement plus audible. C’était « I’ll take the rain » de R.E.M. Dans le noir, une jeune fille était assise devant une machine à écrire. Malgré le peu de lumière provenant du couloir qui pénétrer par sa porte, il était facile de voir que c’était une très jolie jeune fille aux cheveux châtain. « Elle ne se retourne pas ? » Se demandait Karim. Il était subjugué par le fait qu’elle ne l’avait même pas remarqué alors qu’il était tout près d’elle. « Ah ! La musique l’empêchait d’entendre ! » S’étonnait-il encore. En voulant passer devant sa table, il vit que le clavier de sa machine était en braille. Karim retint sa respiration, et cessa tout mouvement. Il se retira calmement, sans faire de bruit.

 

« Je laisse la porte ouverte ? Je m’en vais ? Mais il ne faut pas laisser la porte comme ça, quelqu’un pourrait passer par là et s’introduire chez elle ? Je laisse la porte comme elle était, mais je reste ici jusqu’à ce qu’elle ferme son appartement. » S’embrouillait Karim en pensant que la fille était peut être en danger. Il était étourdi par le ridicule de son acte. Il se sentait très mal à l’aise, et doucement il s’assit en se laissant glisser contre le mur. Le jeune homme s’était vidé de tout son courage. « Qu’est ce que j’étais en train de faire à cette pauvre fille ? » Se lamenta-t-il en se mordant les lèvres. « Qu'est-ce qui m’arrive ? » rumina Karim plus ému encore par la musique chagrine et mélancolique qui agissait sur lui tel un poison mortel anesthésiant toutes ses réflexions. « Little by little » d’Oasis, « Exit music » de Radiohead et au moment ou passait la chanson « Jòga » de Björk, la fille s’arrêta de taper sur sa machine. Elle arracha la feuille et la plia en deux. Elle s’était levée et elle se dirigeait vers la sortie. Elle s’apprêtait à fermer sa porte quand Karim l’interpela :

Neipi Wesper la hacker aveugle devant son ordinateur à l'écran éteint

-                     Heu ! S’il vous plaît !

-                     Qui est là ? demanda la fille.

-                     Excusez-moi ! Je peux utiliser un petit moment votre ordinateur, j’en aurai pour une minute, pria Karim poliment.

-                     Vous êtes là depuis quand ? Qui êtes-vous ?

-                     J’aime beaucoup cette musique... J’ai besoin de consulter ma boite mail… J’habite loin d’ici, mon motel... en fait, je viens du Canada... J’attends un courrier très important...

-                     Allez ! Entrez ! Coupa la fille. Son sourire aida Karim à se décontracter et reprendre un peu ses esprits.

-                     Merci, vous me sauvez la vie, dit Karim soulagé.

-                     Attendez un peu, le temps que je connecte cet ordinateur. Il est très difficile avec moi dernièrement, se justifiait la fille avec sa petite voix.

Son ordinateur équipé d’un logiciel de vocalisation semblait tout neuf. C’était un modèle très puissant et elle le manipulait avec une grande adresse.

-                     C’est à vous !  Ajouta-t-elle le gratifiant d’un nouveau sourire.

Karim remercia humblement son hôte tout en prenant place devant l’écran. Il eut d’abord des difficultés dues à l’absence de souris, que la fille avait jugé inutile ne se servant que des raccourcis clavier, qu’elle lui exposa brièvement. Ce premier obstacle surmonté, il alla directement sur sa boite mail. Il fut contrarié en lisant le courrier tant attendu qui venait de mettre un terme à ses espoirs de pouvoir rencontrer Malakalmauth.

-                     Ça va ? Lui demanda la fille qui semblait étrangement ressentir le malaise de Karim.

-                     La vie est devant vous. Vous n’êtes pas admis, lut Karim tout bas.

-                     C’était quoi ? S’étonna la jolie Eurasienne.

-                     Une autre déception, la réponse à ma candidature. Je suis vraiment navré de vous avoir dérangé. Alors, vous aimez écouter le rock ? Lui demanda Karim en se levant.

-                     Oui, j’adore la musique. C’est toute ma vie la musique, s’empressa-t-elle de répondre.

On aurait même dit qu’elle s’était complètement métamorphosée à cette question.

-                     Moi, j’aime le métal et je joue aussi de la basse. Je m’appelle Karim Aboulkassem.

-                     Neipi Wesper. Vous êtes d’origine arabe ? Demanda-t-elle avec le plus beau sourire du monde.

-                     Mon père que je n’ai jamais connu était marocain. Ma mère est russe et je suis vie au Canada et donc, je suis grand, brun et idiot, disait-il pour détendre l’atmosphère et reprendre confiance, lui, qui au par avant avait faillit tout gâcher en s’introduisant par effraction chez elle.

-                     Je vais te dire un secret : je suis une pirate informatique, avoua tout bas Neipi.

-                     Ah ! C’est vous les câbles en fibres optiques. Un hacker ! Ne le prends pas mal, mais est-ce que c’est possible sans avoir la vue ? Tu dois être très douée, c’est sûr.

-                     C’est mon gagne-pain et ma bouffée d’oxygène. Chaque fois que j’arrive à forcer un système, je ne me sens plus handicapée...

-                     Oui ! Moi aussi je suis contre le système qui botte le derrière de notre planète comme une balle déposé au point de penalty. Un pénalty accordé par un arbitre corrompu, affirma Karim.

-                     On est les meilleurs, scanda Neipi

-                     Et vive le rock ! Ajouta Karim, je te verrai demain ? Demanda-t-il d’une voix tremblotante.

-                     On est déjà demain, plaisanta Neipi, il faut aller dormir, c’est vrai, conclut-elle.

-                     Alors ? Tu es libre demain  soir ? Insista Karim.

 

            Le Jardin Brulé était la plus grande salle omnisports de la ville. Il se situait dans les périphéries, exactement à dix kilomètres au nord du Funéraréna. L’insatiable Clif Deepurp avait pris la route dès son réveil à neuf heures précises. Il ne fallait guère perdre du temps cette fois-ci et tuer Malakalmauth dans l’œuf, pensait-il au volant de sa voiture. Il demanda du renfort à son ancien collègue en allumant la radio. « I’ve been working » de Van Morrison, « Hey Jude » des Beatles, « Johnny b goode » de Chuck Berry, « Don’t cry sister » de JJ Cale, « Prison Song » de Graham Nash et « Sailing » de Rod Stewart, ces chansons et bien d’autres rendaient moins énervant le fait de conduire en pleine ville. Il se gara devant la direction du Jardin Brulé dont les murs étaient entièrement peints en trompe l’œil gris et noir, de manière à lui donner l’allure d’un hangar incendié au sommet duquel flottaient de grandes flammes en voiles rouge orangé. Clif marchait tranquillement vers l’entrée, quand il fut brusquement poignardé dans le ventre. Il avait seulement pu entendre derrière lui : « Avec les remerciements du Funéraréna ! »

 

            Ils avaient rendez-vous en bas de son immeuble. Il aurait été pourtant plus correct de monter jusqu’à chez elle pour lui faire éviter toute difficulté qui pourrait l’empêcher de descendre. Karim était venu bien avant l’heure pour chercher Neipi au 39e étage. Il resta sagement sur son palier pour l’emmener dès qu’elle aurait mis les pieds dehors. Jamais il n’avait été plus heureux que ce jour-là. Il comptait chaque seconde, soixante mille par minute. Enfin, la porte s’ouvrit. Elle était habillée d’un pull rouge-bordeaux et d’un jeans bleu clair.

-                     Salut !

-                     C’est toi ! Dit-elle d’un ton ravi et soulagé.

-                     Prête pour une grande promenade ?

-                     Où est-ce que tu m’emmènes ?

-                     C’est une surprise, j’espère que ça va te plaire, dit Karim en lui prenant la main.

 

Le soleil se couchait très tôt, comme il n’avait pas plu de toute l’après-midi, il faisait moins froid et dans le ciel, toutes les étoiles répondaient présentes. Karim avait eu l’idée de proposer un jeu, celui de parcourir avec Neipi plusieurs endroits de la ville, ensuite c’était à elle de deviner grâce aux sons, où ils se situaient, et ce qui s’y passait.

-                     Tu es magique ! S’exclama Karim complètement émerveillé.

-                     C’est très facile et je n’ai pas le droit à l’erreur. On possède cinq sens quand on en perd un on développe les autres, disait-elle en souriant.

-                     Et maintenant, c’est quoi ? Lui demanda son gentil guide quand ils furent dans un endroit plus bruyant.

-                     Heu...! Un stade, affirma Neipi. J’entends les cris d’un public, ajouta-t-elle.

-                     Non, dit-il.

-                     Un concert ! Tu m’as ramené à un concert en plein air ? S’exclama-t-elle avec joie. C’est qui le groupe, dit moi vite s’il te plaît ? s’impatienta Neipi.

Elle eut rapidement sa réponse quand elle entendit le début de la chanson « Electric blue » des Cranberries. Le groupe donnait un concert sur la plus grande esplanade du centre-ville, dans le cadre d’une campagne contre le sida, à l’initiative d’un autre célèbre rockeur irlandais. La jeune fille était folle de joie. Elle chercha de sa main au milieu de la foule la main de Karim et la serra très fort contre son cœur. « Merci beaucoup » lui cria-t-elle dans le creux de l’oreille. Karim s’était bien débrouillé pour créer autour de Neipi un espace de haute sécurité. Pendant et après le concert, il faisait le bouclier, le brise-glace et le garde du corps. Il ne trouva le répit qu’une fois sur le chemin du retour. Mission accomplie : elle était saine et sauve et surtout très satisfaite du spectacle.

-                     Merci ! C’est le plus beau jour de ma vie.

-                     Tu veux marcher ou on ferait mieux de sauter dans le prochain taxi, demanda Karim aimablement.

-                     Peu importe. Ce soir je ne veux même pas rentrer. Je veux partir loin, je me sens légère comme un papillon. Partons vite ! Le plus loin possible. Avec toi, le monde sera toujours merveilleux ! Déclama-t-elle en sautillant, et tournoyant telle une petite fille joyeuse.

-                     Moi aussi je veux être toujours avec toi, déclara timidement Karim.

-                     Allons manger un morceau, c’est moi qui invite ! Ce n’est pas grand-chose, mais c’est très bon, insista légèrement Neipi.

 

Tout le monde était là. Tous les policiers, tous les commissaires de toutes les brigades de la ville. L’hôpital Saint Quétoiles où avait été transporté Clif s’était transformé en quartier général de la police. Dans la salle d’attente, dans les couloirs et même à l’intérieur du bloc opératoire, la tension était très forte autour de l’inspecteur grièvement blessé. Son ex-femme aussi venait d’arriver avec son nouveau mari et leur fils.

-                      Est-ce qu’il va s’en sortir ? S’inquiéta la veuve de Tomini auprès du directeur en chef des urgences qui sortait de son bureau accompagné de monsieur le maire.

-                      Faites quelque chose s’il vous plaît ! Implora l’ex-femme de Clif.

L’inquiétude se maquillait sur le visage des deux hommes, mais ils se montrèrent optimistes.

-                      On fera tout ce qu’on pourra, je vous le promets. Votre mari est très costaud, il va sûrement s’en sortir, rassura le directeur en la prenant encore pour sa femme.

-                      Ils vont payer très cher les criminels qui ont commis cet acte abominable ! Déclara officiellement le maire devant les journalistes.

 

-                     Les sardines grillées, c’est ton plat préféré ? Questionna Karim en envoyant une grosse bouchée dans sa bouche.

-                     J’aime le poisson. J’aimerais vivre au bord de la mer. Mais parle-moi de toi ? Demanda Neipi en détournant le sujet.

-                     Il y’a beaucoup de pages arrachées dans la petite histoire de ma vie, plaisantait-il. J’habite toujours chez ma mère. J’ai un diplôme de garde forestier, mais la forêt canadienne ne risque rien puisqu’on préfère plutôt épuiser celles de l’Afrique et du Brésil. À quoi bon former des gens chez nous à respecter la nature locale alors qu’on participe pleinement à détruire un environnement lointain ! J’ai refusé tout simplement ce travail de comédien. Je pourrais par contre aller en Afrique. Là-bas, ils ont besoin de tout...

-                     Ils ont surtout besoin qu’on leur foute la paix. Avec nos aides hypocrites qui ornent souvent les guerres civiles que nous déclenchons nous-mêmes chez eux, ajouta-t-elle. Parlons musique, pour ne pas perdre l’appétit. Si l’on te laisse le choix d’emporter seulement trois albums dans un voyage sans retour dans l’espace. Que choisirais-tu ?

-                     Seulement trois CD ! Ma vie serait carrément monotone alors !Bon si tu y tiens, je choisirai premièrement : « At the heart of winter » d’Immortal, ça, c’est indiscutable. Le deuxième album sans trop réfléchir, je dirais « Load » de Metallica. Quant au troisième, là, j’hésite un peu. Disons… « Appetite for destruction » des Guns N’Roses. Et toi ?

-                     « Reveal » de R.E.M. « Ok computer » de Radiohead et « Break the cycle » de Staind, cita Neipi avec beaucoup d’assurance.

-                     Toi en tout cas, tu es prête pour le voyage, badina Karim. M’emmèneras-tu ?

-                     Oui, répondit la délicieuse Eurasienne.

-                     Dis ! Ce samedi il y’a du catch au Jardin Brulé. Ça te dirait de m’accompagner ?

-                     J’aimerais bien, mais...

-                     Ah ! Tu vas m’accompagner dimanche au concert de My Dying bride ! suggéra Karim avec insistance.

-                     Tu es quelqu’un de très gentil. Pourquoi fais-tu tout ça pour moi ? Dit-elle d’une voix émue.

-                     Je n’ai encore rien fait, je veux être ton ange gardien, moi, qu’on a toujours pris pour un diable ou un raté. Mon bonheur, je ne peux le ressentir qu’à travers le tien. Tu es très belle, ton sourire me fait flipper. Je ne sais pas exprimer ce que je vis à l’instant même, alors je vais me taire. S’emporta Karim.

-                     Tu as été dans plusieurs concerts ? Interrogea Neipi pour lui donner l’occasion de reprendre son souffle.

-                     L’été dernier, j’avais cassé ma tirelire pour aller voir Iron Maiden et les Green Day. Depuis, j’ai fait copain avec le berger des vaches maigres en personne. Mais là, j’ai bien rempli mes poches en recélant quelques trucs que j’avais en trop, pour assister à tous les shows de Malakalmauth, expliqua Karim.

-                     Malakalmauth ?

-                     C’est un rockeur qui fait du catch. C’est le combat de samedi.

 

Sept mois pour se rétablir complètement, une année pour reprendre normalement du service. Le médecin avait été bien clair là-dessus. Les visites devaient être brèves et contrôlées, car Clif était encore sous surveillance. La première fois qu’il avait pu parler, il avait prononcé le nom de Malakalmauth. Son supérieur en fut aussitôt informé. Il donna la priorité à l’affaire, en jurant de mettre rapidement un terme à tout cela. Quand Clif avait repris conscience le lendemain, il souhaita uniquement avoir un transistor dans sa chambre. Déprimé et souffrant, il ne voulait voir personne. Ses larmes tristes, essuyaient la poussière des vieux disques qui passaient à la radio « Fast car » de Tracy Chapman, « The wind of change » des Scorpions, « Nothing to feel » de Chris Rea, « The man who sold the world » de David Bowie, « Whiskey in the jar » de Thin Lizzy, « Every breath you take » de Police, « Highway to hell » des ACDC, « California dreamin » de The Mamas And The Papas…

 

Un vent marin avait soufflé de toutes ses forces sur la terrasse du café-restaurant où Karim et Neipi étaient installés. Il les poussa à prendre le bus, le numéro 18, qui les emmena jusqu’au quartier où habitait Neipi. Le jeune homme raccompagna son amie jusqu’à chez elle pour ne lui donner rendez-vous que le dimanche matin, vu qu’elle avait une tonne et demie de travail à faire d’ici là.

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Commentaires : 1
  • #1

    jean-philippe (mardi, 19 janvier 2010 18:04)

    ah!! c'est beau l'amour