Chapitre 12

-                     Allô ! Oui… oui. C’est pour toi ! Cria Neipi en tendant l’appareil à Karim qui avait bondi directement de son lit à la salle de séjour.

-                     Il saisit le téléphone et n’eut pas le temps de dire allô, que son interlocuteur lui lança :

-                     Ramène ta basse petit con !

-                     Vince ? Quoi ? Où, maintenant ? S’affola le musicien.

-                     À une heure trente cette nuit, si tu n’es pas là inutile de venir ! Tu te souviens du chemin ?

-                     Bien sûr, la geôle où vous m’avez torturé ? Souffla Karim perfide.

 

Fullmetal, le magasin de vente de pièces détachées d’occasion qui servait de façade à l’antre de Malakalmauth, était sur le point de fermer au moment où Karim y déboula à toute allure. Une jeune fille en fauteuil roulant le guida directement à l’arrière-boutique. Arrivée dans la réserve elle lui fit signe de soulever une trappe. Au sous-sol une vaste pièce d’environ vingt-sept mètres carrés servait à la fois de planque et de studio, voire occasionnellement de salle de torture. On ne pouvait y accéder que par une échelle suspendue au milieu du plafond. Le Canadien s’y introduisit pour la seconde fois et la trappe se referma sur lui. Après avoir raté la majorité des marches, Karim rejoint enfin le studio. Comme à sa première visite la lumière y était très faible, mais il n’y avait apparemment rien d’autre à voir qu’un pied de micro et quelque chose par terre qui ressemblait à une pédale, à part ça, un rideau masquait le reste de la pièce. Les murs, le sol et le plafond, tout était noir, ce qui mettait très vite dans l’ambiance. L’effroi et l’épouvante se dissipèrent pourtant lorsqu’une voix familière retentit dans le haut-parleur situé derrière Karim :

-                     Branche ta gratte !

-                     Où ? Demanda Karim d’une voix innocente, ce qui précédait généralement une de ses questions moqueuses dont il avait le secret.

-                     Vous n’avez pas payé la facture d’électricité, on ne voit rien dans ce trou à rat ?

-                     Prépare-toi ! À trois on envoie la sauce, avertit la voix grave de Vincent.

-                     Un…

Karim sortit sa basse de son étui, avec une grande habileté

-                     Deux…

Il trouva finalement où brancher son instrument sur la pédale, s’approcha du micro et enfila le casque.

-                     Trois !

-                     Attendez ! S’écria Karim dans un sursaut frappé par la puissance du volume.

L’intro de la chanson au violoncelle qui était normalement moins forte que le reste, laissait deviner à quel point la suite serait explosive et brutale. Karim se ressaisit rapidement, et ramena sa basse vers lui d’un geste nerveux tel un grand danseur de tango. Il ne tarda pas à gratter ses premières notes en chantant à l’unisson avec l’enregistrement de Malakalmauth. Sa voix caverneuse, propre au black métal, se mariait parfaitement avec l’originale. Son jeu était très précis, mais sa chorégraphie psychédélique semblait signaler qu’il pouvait perdre la raison à n’importe quel moment. Peut-être était-il à deux doigts de subir une grave mutation. Cependant juste après que le dernier accord eut retenti, il reprit une posture des plus humaine.

-                     Allez ! Une autre ! Je consens à te laisser une deuxième chance. Avoua Vincent.

Le vieux semblait satisfait et ajouta tout de même juste avant que la musique ne reprenne : « Petit merdeux ! » sans doute pour lui mettre plus de pression.

-                     Grrraaw, mugit le bassiste convaincu de pouvoir mieux faire encore.

Karim s’était transformé en statue de bronze, les jambes écartées. Il jeta un regard noir vers le plafond avant de lancer sa main sur ses cordes. Son visage trempé de sueurs affichait une étrange grimace de concentration. Son enchainement était impeccable. Il avait su dompter le rythme déchainé de la batterie, et ses notes donnaient aux accords de guitare une grande profondeur qui faisait ressortir un contre-chant angoissant.

-                     C’est bon. C’est dans la boite, déclara le régisseur, sans que cette information parvienne jusqu’au musicien trop absorbé par ses dernières notes.

-                     Merci, ça suffit. Stop ! Finit par hurler Vincent.

-                     Alors ? interrogea Karim en freinant enfin ses grosses cordes.

-                     C’est OK, la chanson sera comme ça avec… la basse. J’avoue que tu avais raison, s’indigna Vince.

-                     Quand est-ce qu’on enregistre ? Je dois attendre que tu m’appelles ? S’enthousiasma le Canadien.

-                     Mais non, c’est fait, dit Vincent en ouvrant la trappe. Allez ! monte ! J’ai d’autres choses à te proposer.

-                     Vous vous contentez du premier enregistrement ! S’étonna le bassiste.

Il rangea son instrument et grimpa rapidement. Vince qui avait gardé les habitudes de ceux qui travaillent en coulisse était vêtu sobrement d’un jean et d’un T-shirt noir. Pour la première fois, il semblait tout à fait serein. Il accueillit sa nouvelle recrue par une petite tape dans le dos, qui réveilla chez celui-ci les douleurs de sa dernière visite. Une des armoires de la remise avait été déplacée laissant apparaître une porte entre-ouverte. Karim suivit le vieux à l’intérieur de la pièce cachée. C’était un petit bureau, meublé de deux fauteuils en cuir et d’un large canapé. Une console occupait un coin de la pièce avec une chaine hifi et quatre superbes enceintes, tandis que des centaines de CD et de vinyles s’empilaient sur des étagères recouvrant tout le mur. Deux écrans de contrôle permettaient de surveiller à la fois l’entrée du magasin, et le studio sous-terrain. Enfin, un réfrigérateur, une cafetière, et une table basse en bois laqué sur laquelle reposaient déjà deux tasses et une assiette de chocolat complétaient ce décor digne d’un directeur d’une grande maison de disque. Vince invita Karim à s’asseoir, le temps qu’il prépare une tasse de café.

-                     Il faut faire un clip, révéla le vieux en tirant un large sourire.

-                     Ohohoh ! Waouh ! C’est vrai ? Merci pour le scoop. Est-ce que je serai le premier à le voir ? S’il vous plait ! supplia Karim.

-                     Le premier, c’est sûr, puisque tu vas figurer dans la vidéo. Le tournage débutera… Commença le manager, en apportant une tasse de café brulant au jeune musicien.

-          Quoi ? Vous pouvez répéter ? Coupa Karim stupéfait. Moi, je serai dans la vidéo !

-                     Évidemment, le début du tournage est imminent. En fait, c’est un peu grâce à toi que j’ai eu cette idée, petit con. Eh oui ! Le côté artistique de mon rockatcheur a pris énormément d’ampleur dans les médias. Il faut bien leur donner quelque chose à se mettre sous la dent. C’est sûr on va ramasser un paquet de fric avec ça. Après tout, la musique est mon domaine de prédilection, le catch n’est qu’un moyen de parvenir à mes fins.

Karim n’interrompit pas le maître de la maison, il était encore trop abasourdi par la tournure qu’avaient pris les évènements. Cependant, cela ne lui avait pas coupé l’appétit et les chocolats se trouvèrent tout à fait à son goût.

-                     L’idée, reprit le vieux, serait de monter autour de Malakalmauth, pour les besoins du clip, un groupe de rock avec de vrais membres en chair et en os. Du moins, un batteur et un bassiste puisque notre invincible catcheur saura porter sans aucun problème une guitare pour la forme, ironisa Vince.

-                     Ça suffit ! Il y en a marre à la fin ! Râlait une voix de l’autre côté de la porte. Je ne te permettrai plus de m’humilier ou d’humilier d’autres innocents avec tes magouilles, ajouta l’inconnue dont la silhouette apparaissait maintenant dans l’ouverture de la porte.

Un jeune homme de type nordique d’une stature impressionnante s’avança vers les deux hommes en réunion. Ses longs cheveux bruns cachaient en partie un visage d’ange au regard doux. Sa tenue était des plus communes, avec son pantalon large et son sweatshirt bleu-gris il ressemblait à n’importe quel Américain.

-                     Malakalmauth ou… Sven pour les intimes, se présenta-t-il.

-                     C’est toi ! S’émut le Canadien.

-                     Tu dois être le nouveau bassiste violeur de jeunes filles, plaisanta Sven. Je suis désolé pour le coup de pied, s’excusa-t-il en lui serrant la main.

-                     C’est… ce n’est rien. Ce n’est rien, s’inclina Karim. Comment… tu as trouvé… ma composition ? S’inquiéta-t-il.

-                     Bien, très bien, trop bien pour ce vieux chnoque, rassura le rockatcheur en adressant un regard à son agent.

-                     J’aimerais bien jouer avec toi, osa Karim.

-                     Ben oui, je n’attends que ça, je joue de la guitare depuis mon plus jeune âge. Je pense qu’on a plusieurs points communs toi et moi…

-                     Ne nous égarons pas trop de l’objectif principal mes amis, interrompit Vincent. On va se contenter d’un clip, pour le reste on verra plus tard, conclut-il fermement.

-                     Au fait, est-ce qu’on peut avoir une petite idée sur le scénario du clip ? Interrogea Sven.

-                     Il vaudrait mieux ne pas mettre des scènes violentes du genre des combats de Malak, comme ça, on pourra passer sur toutes les chaines musicales, s’étala Karim.

-                     C’est exact, confirma Vince. Lisez ceci et vous aurez l’impression d’y être déjà.

Vincent tendit à ses disciples un papier à musique ou l’on avait griffonné entre les lignes.

 

De toute ma vie je n'ai quitté mon île qui se trouve abandonnée au milieu de l'océan mort noir qui s'appelle l'île du Spleen, une terre sans trésors, sans richesse ou les gens ne se parlent plus, et ne s'aiment plus. Dans ce coin perdu, il y a une très belle falaise qu'on appelle Stoïcisme parce qu’elle résiste aux vagues de problèmes qui s'abattent sur elle, et la fouettent à tort. J’y monte chaque jour malgré moi pour m'éloigner, pour m'esseuler en regardant cette mer argentée, froide et amère. Sentir un vent fort, stérile et inéluctable, qui décoiffe mes longs cheveux qui découvre mes oreilles pour me chuchoter qu'il viendra bien ce bateau tant attendu : le bateau Délivrance I viendra comme, dit-on, par chance vers notre île et j'en serai premier partant pour une vie…, pour la vie.

 

-                     Mmm… Ça doit être le thème général ? Se demanda Sven en regardant d’un air hébété Karim, qui n’avait pas l’air d’en avoir tiré quoi que ce soit de plus.

-                     Oui, répondit ce dernier pour ne pas avoir l’air plus idiot.

Vince reprit sa feuille avec arrogance, et fit face aux deux abrutis vautrés sur leurs fauteuils.

-                     Une écriture de ce genre, vous ne pouvez pas l’imaginer en vidéo, car ce n’est pas encore bien développé, mais tout y est déjà, reprit le manager. Assurément après la mise au point du découpage technique et du story-board vous serez convaincu. Mais pour être bref, je dirais que ça sera du style du clip de « The unforgiven » de Metallica, vous voyez ? « The unforgiven II » aussi d’ailleurs…

-                     Oui, je connais et je vois le genre, dit Karim.

-                     D’accord pour Metallica, répliqua Sven.

Le vieux alla préparer un nouveau café, et attira le bassiste qui se leva à contrecœur. Il le prit par l’épaule et lui demanda à voix basse :

-                     Karim mon cher ami, pourrais-tu parler avec Neipi de nos petits projets. Je suppose qu’elle pourrait nous donner un coup de main pour le montage vidéo et tout le reste, enfin je ne peux quand même pas tout faire moi-même…

-                     C’est que, non, euh…je ne crois pas qu’elle sera d’accord. En fait, elle… ne pourra pas. Je dois vous dire quelque chose, hésitait Karim.

-                     Quoi ? S’étonna Vincent, à voix haute.

-                     Neipi est aveugle, dit Karim. Il ne faut pas la pousser à bout, avertit-il.

-                     Tu es en train de nous dire que Mlle N, notre pirate informatique est non-voyante, résumait Sven qui avait suivi toute la conversation.

-                     Putain, c’est incroyable, murmura le vieux.

-                     Il faut me croire ! Elle utilise un logiciel de vocalisation et elle est très douée… mais pour le montage, ça ne doit pas être évidant, justifia-t-il. C’est purement visuel, vous comprenez ? Acheva le bassiste en bon tuteur responsable.

-                     Je veux la rencontrer, affirma Vince après avoir effectué quelques va et viens entre les fauteuils et la console en se mordant les doigts. J’ai toujours été méchant et ingrat avec cette petite. Ah ! Seulement, si j’avais su ! Se lamentait-il.

-                     Tu nous emmènes maintenant ? On sera bref et discret, une petite visite surprise, proposa Sven en souriant.

 

C’était déjà l’aube, et le soleil mal réveillé dévoilait à la ville ses quelques mèches rebelles aux reflets bleutés. Trois hommes vêtus de nuit s’arrêtèrent devant la porte de Neipi Wesper. Ils s’étaient donné rendez-vous devant le grand magasin L’Astrolabe qui se situait en bas de l’immeuble. De son côté, le Canadien avait pris le premier métro qui se trouvait à cinq cents mètres de la planque de Malakalmauth à la sortie de la zone industrielle abandonnée et qui l’emmena directement dans le quartier de sa princesse. Karim sonna à la porte, bien qu’il ait ses clefs sur lui, il avait voulu laisser à Mlle N le temps de se préparer pour ouvrir.

« Ding dong ! »

-                     Qui est là ? Articula Nepi en bâillant

-                     C’est moi, Karim.

-                     Alors, ton audition ? Demanda-t-elle en ouvrant la porte

-                     Je te présente Vince et… Sven, enfin Malakalmauth. Ils sont venus te voir, je n’ai pas pu dire non, s’amusa Karim avec fierté.

-                     Je… entrez ! Invita Neipi ne sachant plus quoi dire. Elle reprit son souffle un instant avant d’ajouter : Vince et Malakalmauth à la fois, je suis enchantée de vous connaître.

-                     Enchanté, répondirent en chœur le rockatcheur et son manager qui étaient eux aussi tout étourdis par le charme et la beauté de cette créature.

Elle était habillée d’un kimono turquoise avec de petits motifs du dix-neuvième siècle. Neipi était plus belle que le jour qui allait se lever, et plus blanche que la nuit qu’avaient passée ces messieurs à parler de leur musique.

-                     J’imagine que tout s’est bien passé…, déduisit Neipi en se fiant à l’atmosphère détendue qui s’était installée dans le salon.

Vincent s’était effondré sur le canapé et fit signe à Sven qui était resté debout malgré l’invitation de Mlle N, de faire de même.

-                     Karim a été parfait, confirma Vincent. Son jeu, son attitude, tout était nickel.

-                     Oui, dit fièrement le bassiste. Je me suis plutôt bien débrouillé.

-                     Ouais, c’est sûr que c’est mieux que son côté Namgal Sipsclar, plaisanta Sven. Comme musicien il a beaucoup de choses à faire prévaloir.

Karim partit en cuisine préparer des jus de fruit, c'est-à-dire verser une poudre dans un pichet en plastique et y ajouter de l’eau de manière à obtenir une sorte de limonade sans bulles. Pendant ce temps, Neipi en parfaite hôte continuait à tenir la conversation à ses convives.

-                     Pourquoi avez-vous fui Sam & Satan ?

-                     Il allait nous arrêter, répondit Vincent.

-                     La police ne…nous aime pas, simplifia Sven.

-                     Vous avez massacré trois cent vingt-neuf catcheurs ! Résuma Karim en sifflant depuis la cuisine.

-                     Dites-moi Vince, si vous deviez aller en prison pour le restant de vos jours et si vous ne pouviez avoir que trois CD dans votre cellule, que prendriez-vous ?

La tournure de la question avait mis mal à l’aise le manager et son visage avait viré au rouge. La plaisanterie de Mlle N était en effet quelque peu de mauvais goût.

-                     Allez y répondez, elle pose cette question à tout le monde, rassura Karim en revenant de la cuisine avec les verres.

-                     Bon… Trois CD du grand Alan Jackson. Puisque tous ses albums sont bons, je pourrais bien en prendre trois au hasard, répondit Vince.

-                     Il raffole de la country, précisa Sven.

-                     Oui, moi j’adore la chanson « Jolene » de Dolly Parton, enchaina Neipi. Elle est vraiment bien !

-                     Moi, c’est « The gambler » de Kenny Rogers, continua Karim. Il a vraiment de la classe ce mec !

-                     Vous êtes tous bon mes petits, vous êtes tous bon, commenta le vieux.

-                     Quant à vous, ange de la mort ? Questionna Neipi. Quand vous allez dans l’au-delà, quels sont les trois CD que vous emportez avec vous au paradis ?

-                     Le chant des anges, plaisanta Sven. Plus sérieusement, il ne se passe pas un jour où je n’écoute pas les grands airs classiques interprétés Pavarotti, sinon j’aime le folklore scandinave, la musique celtique ou bretonne et plus généralement les sons baroques, s’étala Sven.

Neipi et Karim étaient stupéfaits en imaginant le monstre en train d’écouter Pavarotti. Après tout, Sven n’avait aucun point commun avec Malakalmauth, hormis son physique impressionnant. Vince les tira de leurs divagations en changeant de sujet.

-                     Allez dites à cette demoiselle l’autre bonne nouvelle ! Proposa-t-il en se frottant les mains.

-                     On va tourner le clip de « Et dans mon livre d’or », annonça Sven.

-                     Et je serai dedans, divulgua le Canadien.

-                     Mais tu porteras un masque, dit moi mon chéri ? S’inquiéta Neipi.

-                     Non. Euh…oui. Enfin, ça dépend de Vince, répondit le bassiste qui n’avait pas encore réfléchi à cette question.

-                     J’ai tout prévu, ne vous tracassez pas, rassura Vincent. J’ai en effet conçu un joli masque pour toi Karimauth, qui n’a rien à voir avec la tronche délirante de Namgal, ajouta le manager pour le taquiner.

La fatigue l’ayant emporté sur la raison, ils se mirent tous à glousser bêtement. Sven avait un rire exagérément grave, qui fit sursauter Neipi, et le fou rire ne tarda pas à terrasser les quatre noctambules. Vince qui avait repris son sérieux continua :

-                     Ce qui m’inquiète le plus c’est comment je vais pouvoir convaincre Mlle N de nous aider.

-                     Et bien à condition que mon amour et moi ne nous trouvions pas face à l’ange de la mort, précisa la hacker en se jetant dans les bras de Karim.

-                     Alors, c’est marché conclu, annonça Vincent en se levant.

Sven lui emboita le pas et Karim les raccompagna jusqu’à la porte.

-                     Je t’appellerais bientôt petit con. Quant à toi, ajouta Vince à l’attention de Neipi, j’ai du travail pour Mlle N, et ça n’a rien à voir avec ce que je te demandais de faire d’habitude.

-                     J’étais ravi de vous connaître, salua Sven.

-                     Bonne chance Malakalmauth, dit Neipi, depuis le canapé.

-                     Bonne chance rockatcheur, ajouta Karim avant de refermer la porte de l’appartement.

Neipi qui avait filé en cuisine, revint avec deux bols de céréales qu’elle déposa sur un coin de la table basse. Le Canadien vint s’effondrer sur le canapé à côté de sa belle Eurasienne.

-                     Je suis fière de toi mon prince Noir, murmura-t-elle.

-                     Je vais porter un masque, se morfondait le jeune musicien. Personne ne croira que c’est vraiment moi dans le clip. Même ma mère ne pourra pas me reconnaitre, ajouta-t-il.

-                     Moi, je saurais que…moi, je ne verrai rien, se tue Neipi. Le plus important se rattrapa-t-elle en souriant, c’est que tu vas passer de bons moments avec ton héron. Je suis persuadé que ça sera une bonne expérience pour ta carrière artistique.

-                     Tout ça, c’est grâce à toi ma chérie ! Finalement, le plus important dans cette histoire, c’est de t’avoir rencontré, affirma Karim en caressant du bout des doigts les cheveux de Neipi.

 

Quelques heures passèrent, alors que Karim dormait en cachette sur son lieu de travail, Neipi reçut un message électronique de IRIS-LAURENCE@:

« Je te confie un CD-ROM, je l’ai glissé ce matin sous ton canapé. C’est une interview filmée de Malakalmauth. J’aimerais que tu la diffuses sur internet. Il faudrait qu’elle soit accessible à tout le monde sans que sa source soit repérable. Merci, Vince »

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Commentaires : 3
  • #1

    russimor (dimanche, 28 novembre 2010 03:04)

    je me permet encore d'extraire un passage qui croise mon gout "Neipi était plus belle que le jour qui allait se lever, et plus blanche que la nuit qu’avaient passée ces messieurs à parler de leur musique", merci encore pour le partage.

  • #2

    Cours de Jaws à Nantes (mercredi, 14 septembre 2011 19:06)

    Même si on est aveugle, on peut être un grand informaticien et métriser son ordinateur! Neipi une hacker, ce n'est pas de la science fiction car avec un logiciel comme Jaws, tout est accessible.

  • #3

    CarolineRodriquez32 (jeudi, 12 décembre 2013 20:30)

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