Metallica révèle l'histoire cachée derrière "Nothing Else Matters"!

Info heavy metal de Metallica & Nothing Else Matters & James Hetfield à la radio

Voici comment "Nothing Else Matters", la power ballad du chanteur et guitariste James Hetfield, a propulsé le légendaire groupe de heavy metal californien Metallica dans les hautes sphères du succès grand public.

Les fans occasionnels des four horsemen ont pu être déconcertés lorsque le quatuor a sorti la chanson "Nothing Else Matters" dans son album éponyme de 1991. Il s’agissait d’une power ballad, que Hetfield avait écrite en hommage à sa petite amie de l’époque, Kristen Martinez, qui lui manquait pendant les tournées. Cependant, pour les fans inconditionnels, ce single était la prochaine étape logique dans l’évolution du combo qui a distillé des mélodies et des hooks dans son style thrash metal depuis 1984, année où il a eu déjà le culot d’inclure des guitares acoustiques dans l’intro de "Fight Fire With Fire" et de sortir "Fade To Black", le morceau qui se rapprochait le plus d’une ballade qu’un groupe de thrash ait jamais sorti à cette époque, et naturellement, les fans du genre ont détesté!

 

Lors d’un entretien accordé à Rolling Stone magazine en 2014, le batteur du gang, Lars Ulrich a déclaré: "Il y a eu une réaction inattendue à 'Fade To Black' et à la diversité de 'Ride The Lightning'. Cela nous a un peu surpris! Les gens ont commencé à nous traiter de vendus […]. Certaines personnes étaient un peu confuses qu’il y ait une chanson avec des guitares acoustiques!".

Metallica s’est révélé au grand public lorsque son troisième single "One" une autre semi ballade de l'album "...And Justice For All" a explosé sur la chaîne MTV et a finalement valu au groupe son premier Grammy, celui de la Meilleure performance Metal en 1989. Un tel succès ne s’est pas fait sans une myriade de controverses, car la bande a plongé dans tous les clichés des excès des rock-stars des années 80, de l’abus de cocaïne à la consommation inhumaine d’alcool, ce qui leur a valu le surnom de "Alcoholica".

 

C’est lors d’une de ses virées hédonistes autour du monde que James Hetfield a écrit les paroles de "Nothing Else Matters". Alors que les précédentes ballades du groupe avaient été écrites sur les horreurs de la guerre; "One" et le vol des amplis de la formation ou du moins, le sentiment de désespoir qui en résultait dans "Fade To Black", "Nothing Else Matters" a été une véritable percée pour James en tant qu’auteur-compositeur.

Lors d’un entretien accordé à Mojo Magazine en 2008, le vocaliste a révélé: "Au début, je ne voulais même pas la jouer pour les gars. Je pensais que Metallica ne pouvait être que nous quatre jouant ensemble! Ce sont des chansons qui parlent de détruire des choses, de se taper la tête, de saigner pour le public, peu importe, du moment que ça ne parle pas de nanas et de bolides, même si c’est ce qu’on aimait aussi! La chanson parlait d’une petite amie de l’époque. C’est devenu l’un de nos plus gros succès!".

 

Une fois les incertitudes mises de côté, "Nothing Else Matters" est devenue l’une des quatre chansons que les artistes ont conservées en guise de démo pour leur cinquième album éponyme. Avec le recul et grâce à YouTube, la première version avait la profondeur émotionnelle et la sensibilité caractéristiques de la chanson, mais il lui manquait le caractère épique qui en ferait un hymne à remplir les stades… En ce sens, l'icône du metal pouvait remercier son producteur Bob Rock qui venait de produire l’album à succès de Mötley Crüe, "Dr Feelgood" de 1989 et qui a eu quelques idées sur la façon dont les musiciens de San Francisco pourraient approfondir leur musique, suggérant d’ajouter une composante orchestrale à la chanson pour lui donner un caractère épique. Avec le compositeur Michael Kamen qui s’est occupé des arrangements orchestraux, "Nothing Else Matters" est maintenant une power ballad émouvante et puissante, portée par une immense profondeur émotionnelle.

Le groupe n’a pas toujours été d’accord avec Bob Rock pendant les sessions d’enregistrement du "Black Album", mais personne ne peut contester le résultat depuis sa sortie le 12 août 1991. 5000000 d’exemplaires de ce disque noir ont été vendus aux États-Unis au cours de sa première année d’exploitation. L'opus a passé quatre semaines consécutives en tête du Billboard 200, et ses auteurs sont devenus un phénomène mondial.

 

Bob Rock, lors d’un entretien accordé à Reverb en 2017, a expliqué: "Ça a vraiment changé quelque chose culturellement! Tout le monde possédait cet album et même les dentistes aimaient le 'Black Album'! Il y a eu une transition musicale quand l’objet est sorti et il a changé la radio, parce que ce son lourd passait maintenant dans les médias généralistes […]. Je ne pensais pas avoir fait une galette qui ait atteint cet objectif. J’en suis très fier!".

Lorsque "Nothing Else Matters" est sorti en tant que troisième single du "Black Album" le 20 avril 1992, l’industrie musicale s’est sevrée de la power ballad. À l’époque de la sortie de l’opus, une power ballad était presque une garantie de succès: Bryan Adams, avec "Everything I Do, I Do It For You", a passé 16 semaines en tête du classement britannique des singles mais l’énorme succès de "Smells Like Teen Spirit" de Nirvana, associé au boom du rock alternatif et du grunge, a fait que les power ballads étaient soudainement dépassées!

Certains professionnels de l’industrie musicale l’ont déploré à l’époque, comme l’a écrit le New Musical Express: "'Enter Sandman' déchire tout! 'Sad But True' botte le cul! 'Nothing Else Matters' est… une sorte de ballade [rires]! Et c’est leur nouveau single. J’aime Metallica, mais je déteste les ballades metal, pas vous?".

 

Les coups et les blessures n’ont pas pu atteindre le mastodonte qu’est devenu Metallica, pas plus que l’interdiction de son clip vidéo sur MTV en journée (à cause des affiches osées que l’on voit en arrière-plan des séquences en studio). Bien qu’il n’ait pas eu autant de succès que le single principal "Enter Sandman", "Nothing Else Matters" a tout de même surpassé "The Unforgiven" en se hissant à la 34ème place du Billboard Hot 100, à la 6ème place au Royaume-Uni et même à la 1ère place au Danemark, pays natal de Lars Ulrich. "Nothing Else Matters" a ensuite été le point culminant émotionnel de nombreux concerts de la formation états-unienne, ce qui a rendu d’autant plus surprenant le fait qu’elle n’ait pas été jouée en concert avant le 2 mars 1992 au Riverfront Coliseum de Cincinnati. Comment une chanson aussi importante a-t-elle pu ne pas être incluse dans la setlist plus tôt? Eh bien, parce que le guitariste soliste Kirk Hammett avait peur de la foirer, la composition étant l’une des seules sur lesquelles James Hetfield a fait toutes les parties de guitare en studio.

Hammett a quant à lui confié lors d’un entretien accordé à Village Voice en 2014: "Nous avons continué à l’inclure et à l’enlever de la setlist périodiquement jusqu’à ce que nous soyons sûrs de pouvoir la jouer correctement. J’ai dû réapprendre l’intro que je jouais seul sur scène, ce qui était un peu intimidant pour moi à l’époque!".

 

Il est difficile d’imaginer que Metallica, au début des années 90, puisse être intimidé par quoi que ce soit, surtout compte tenu du statut légendaire du "Black Album", l’un des disques rock/metal les plus vendus de tous les temps! "Nothing Else Matters" a fait connaître les quatre chevaliers au grand public d’une manière qui a perduré pendant des décennies. Qu’elle ait été revisitée lorsque les metalleux se sont associés à Michael Kamen pour la version orchestrale de "S&M", qu’elle ait été reprise par des artistes pop tels que Miley Cyrus, Shakira et Post Malone, ou qu’elle ait figuré dans des vidéos de ballet ou dans certains films de Disney, la chanson avait cette touche légendaire qui lui a permis de devenir un élément incontournable de la culture pop.

Toujours aussi puissante qu’en 1991, "Nothing Else Matters" peut encore illuminer n’importe quel stade, festival ou arène; les briquets ont peut-être été remplacés par des smartphones mais le résultat n’en est pas moins éblouissant! À ce stade, la création a transcendé sa signification originale pour devenir une entité universelle et inspirante.

James Hetfield, lors d’un entretien accordé à Mojo Magazine en 2008, a conclu: "Je me souviens être allé au club des Hells Angels à New York et ils m’ont montré un film qu’ils avaient réalisé en hommage à l’un de leurs frères décédés et ils avaient utilisé 'Nothing Else Matters' wow! Ça signifie bien plus que le simple fait que ma copine me manque, non? Il s’agit là de fraternité et même l’armée pourrait utiliser cette chanson. C’est puissant!".