mer.

28

sept.

2016

Bruce Springsteen sort "Born To Run" sa première autobiographie.

Born To Run autobiographie ROCK RADIO

 Chez le grand éditeur Albin Michel, "Born To Run", la première autobiographie du chanteur de rock états-unien Bruce Springsteen, sort mardi 27 septembre en librairie. Un ouvrage de 640 pages accompagné d'une compilation, "Chapter & Verse", qui contient cinq morceaux inédits. Une histoire passionnante au style aussi direct et incisif que celui de ses chansons. Ou le récit d'un gamin du New Jersey qui a grandi près d'une église, entre les odeurs d'une usine Nescafé et celle du mazout qui sert à chauffer la petite maison... pour devenir l'une des plus grandes rock stars. "On vivait quasiment sous le seuil de pauvreté", écrit le Boss, élevé par une mère secrétaire juridique qui le "couvait d'affection" et un père qui travaille chez Ford et qui "déteste la mollesse".
 
 Bruce Springsteen aura deux chocs devant la télé : Elvis Presley et les Beatles. Il tond les pelouses pour s'acheter sa première guitare sèche à 18 dollars. Et crée un premier groupe, The Merchants. "On faisait juste du raffut", raconte le rockeur. Il sera viré de la bande à cause de sa "guitare merdique". Sa mère empruntera de l'argent pour lui payer sa première guitare électrique.
 
L’immense chanteur revient sur son succès, et raconte les coulisses de sa carrière : "Dans ma vie de jeune musicien, ni drogue, ni alcool. J'étais un faux hippie", confesse-t-il. "J'avais un ego colossal, j'avais affûté mon talent pour réaliser mon ambition". À 22 ans, le fan de Bob Dylan signe son premier contrat. Il a déjà des centaines de concerts derrière lui. 1973 : premier album. La maison de disque écoute : "Pas de hit", lui dit-on. Le deuxième ne marchera pas mieux. Pour son troisième disque, Bruce Springsteen rapporte : "Il fallait que ce soit épique, extraordinaire et complètement inédit. Pour mon nouvel album, j'avais écrit une chanson. Elle s'appelait Born To Run" : un million de copies vendues aux États-Unis.
 
"J'ai écrit Born To Run assis sur le bord de mon lit. Il ne s'agissait pas juste d'écrire au sujet de quelque chose mais d'écrire sur tout", se souvient l'artiste. Sa plume s'affine. "Mon écriture se focalisait sur des questions d'identité, de savoir ce que signifiait être américain". Il revient également sur quelques uns de ses plus grands tubes, et les raisons pour lesquelles il les a écrits. Notamment The River, en 1980, qu'il a composée pour sa sœur Virginia tombée enceinte à 17 ans en pleine récession. C'est ainsi qu'il définit son rôle d'auteur : "Cartographier ce territoire entre le rêve américain et la réalité".
 
 Principale révélation de cette autobiographie, une dépression! Le Boss s'épanche longuement sur le mal qui le ronge depuis l'âge de 32 ans : la dépression. Et raconte sa première rencontre avec un psy : "Je m'assois devant lui, et je fonds en larmes". Sa thérapie durera 25 ans. Il dit avoir une "dette" envers son thérapeute et avoir replongé plusieurs fois, notamment après son soixantième anniversaire. Sans antidépresseurs et sans son épouse, la super-star confesse qu'il ne sait pas s'il aurait tenu. Autre démon qu'il expérimente à 22 ans seulement : l'alcool. Il y trouvera une "sorte de confiance tordue". Il écrit cette phrase surréaliste : "En vérité hors de la scène, je ne me suis jamais vraiment senti à l'aise pour m'amuser librement. Je ne sais pas trop pourquoi je me promenais toujours avec un balai dans le cul et une certaine dose de fierté"
 
Stupéfiant passage à la fin du livre, ses commentaires sur sa voix : "Soyons clairs : je n'en ai pas vraiment. J'ai la puissance, la tessiture, et la résistance d'un barman, mais je n'ai ni une belle couleur ni une finesse vocale particulière" Et de confier plus loin : "J'envie Rod Stewart". Bruce Springsteen signe ses plus belles pages à propos de sa relation à la scène : "Bizarrement devant des milliers de personnes, je me suis toujours senti parfaitement en sécurité pour me laisser complètement aller. C'est pour ça qu'en concert on ne se débarrasse pas si facilement de moi".
 
Sur scène, le Boss a aussi son groupe historique : le E Street Band. "C'est plus qu'une idée, plus qu'une esthétique, c'est une philosophie, un collectif", note l'artiste. Autre citation ? "Je voulais le pouvoir de création et le pouvoir de décision d'un artiste solo mais aussi la vitalité qui n'existe que dans un vrai groupe de rock." Le E. Street Band lui permettra aussi de rencontrer la femme de sa vie, la mère de ses trois enfants : Patti Scialfa. "Ensemble, on a bâti un sacré truc avec nos fêlures". Fêlure, ça aurait pu être le titre de Born To Run, cette formidable et passionnante autobiographie. Elle sort mardi 27 septembre chez Albin Michel. La compilation Chapter & Verse, quant à elle, est disponible depuis le 23 septembre.
 
En 2009, Bruce Springsteen et le E Street Band jouent à la mi-temps du Super Bowl. L’expérience est tellement grisante que Bruce décide d’écrire à ce sujet. C’est ainsi qu’a commencé cette extraordinaire autobiographie.
 
Au cours des sept années écoulées, Bruce Springsteen s’est, en secret, consacré à l’écriture de l’histoire de sa vie, apportant à ces pages l’honnêteté, l’humour et l’originalité qu’on retrouve dans ses chansons.
 
Il décrit son enfance, dans l’atmosphère catholique de Freehold, New Jersey, la poésie, le danger et les forces sombres qui alimentaient son imagination, jusqu’au moment qu’il appelle Le Big Bang : la première fois qu’Elvis Presley passe à la télévision, au Ed Sullivan Show. Il raconte d’une manière saisissante l’énergie implacable qu’il a déployée pour devenir musicien, ses débuts dans des groupes de bar à Asbury Park et la naissance du E Street Band. Avec une sincérité désarmante, il raconte aussi pour la première fois les luttes personnelles qui ont inspiré le meilleur de son œuvre et nous montre que la chanson Born to Run révèle bien plus que ce qu’on croyait.
 
Born to Run sera une révélation pour quiconque apprécie Bruce Springsteen, mais c’est bien plus que le témoignage d’une rock star légendaire. C’est un livre pour les travailleurs et les rêveurs, les parents et les enfants, les amoureux et les solitaires, les artistes, les dingues et quiconque ayant un jour voulu être baptisé dans les eaux bénies du rock’n’roll.
 
Rarement un artiste avait raconté son histoire avec une telle force et un tel souffle. Comme nombre de ses chansons (Thunder Road, ‘Badlands, ‘Darkness on the Edge of Town, The River, Born in the USA, The Rising, The Ghost of Tom Joad, pour n’en citer que quelques-unes), l’autobiographie de Bruce Springsteen est écrite avec le lyrisme d’un auteur/compositeur singulier et la sagesse d’un homme qui a profondément réfléchi à ses expériences.

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