Le "Pansement Schubert" où comment se faire soigner en musique!

Claire Oppert RADIO MUSIQUE ROCK MAROC

 Hôpital Sainte-Périne, Paris XVIe arrondissement. Une musicienne intervient chaque lundi dans les chambres, pendant toute la durée du soin et cela depuis deux ans, où l'établissement parisien expérimente le "pansement Schubert". Son principe est simple, pour apaiser les patients, une violoncelliste joue pendant les actes médicaux douloureux et ça marche!
 
 Elle n'adoucit pas seulement les mœurs, la musique sert aussi à apaiser la souffrance de patients lors d'actes médicaux douloureux. Expérimenté depuis deux ans à l'hôpital parisien Sainte-Périne au XVIème, le "pansement Schubert" appliqué par la musicienne Claire Oppert affiche déjà un bilan éloquent où les premiers résultats montrent une atténuation de la douleur de 10 à 30 %.
 
 "Il y a une nette décontraction musculaire et une atténuation de l'anxiété", explique le docteur Jean-Marie Gomas, coordinateur du centre douleur et soins palliatifs de Sainte-Périne. Le médecin en est persuadé, à Sainte-Périne, classé depuis vingt ans centre de référence pour la douleur chronique et les soins palliatifs, la rencontre avec l'artiste, forte d'une expérience de cinq ans auprès de patients atteints d'Alzheimer, a mis en évidence la capacité des stimuli musicaux à estomper le ressenti douloureux, lors d'actes douloureux.
 
 De son côté, Claire Oppert explique avoir déclenché des réactions physiques qu'elle-même avait découvertes presque par hasard, en suivant son intuition dans l'EHPAD, établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes, où elle intervenait: "Il y avait une patiente très difficile, raconte-t-elle. Cette femme hurlait, mordait... Les infirmières ne parvenaient pas à lui faire son pansement. En passant devant la chambre, j'ai eu l'idée de m'asseoir et l'envie de jouer le 2ème Trio  de Schubert. La patiente s'est apaisée immédiatement!". Le "pansement Schubert" était né.
 
 Certes, les médecins de Sainte-Périne sont conscients que la musique ne remplacera pas la morphine, comme le souligne le docteur Bruno Le Dastumer, chef du pôle médecine spécialisée. Mais il est tout à fait possible que les patients reçoivent la musique dans une visée thérapeutique lors d'actes douloureux. C'est le principe de la contre-stimulation sensorielle, pratiquée régulièrement par le docteur Gomas et c'est le sens du "pansement Schubert" auquel Claire Oppert prête son talent, une fois par semaine.

 Chaque pansement dure entre vingt minutes et une heure auprès de patients qui ont, ou leur famille, donné leur accord. La fine silhouette de Claire Oppert se glisse alors dans la chambre avec son instrument à cordes.
 
 "Je suis avec les soignants dans un moment de vulnérabilité particulière", explique la musicienne. La musique de cette ancienne concertiste formée au conservatoire de Moscou, ne s'adresse pas qu'à des mélomanes! La musique ne passe pas par la connaissance mais par la vibration intérieure qu'elle provoque explique l'artiste avant de conclure: "Le choix des patients varie alors beaucoup, entre ceux qui ont des demandes, parce qu'ils aiment une musique, un rythme, que ça peut leur évoquer quelque chose de leur vie. Pour ceux qui ne sont pas en état de choisir, la famille peut parfois m'aiguiller".
 
 Quelquefois, Claire laisse son intuition la guider, prête à tirer de son instrument de grands classiques ou du swing, à l'adapter au rock ou à la variété mais sait-on si elle a du Apocalyptica par exemple dans son répertoire? ;)

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