Cult Of Luna chronique de l'album "Vertikal".

 Il est très rare sur Anwarock webradio qu'on chronique un album mais à l'écoute de Vertikal, on ne pouvait pas s'en priver! Cult Of Luna est assurément l'un des groupes les plus intéressants de ce début d'année 2013, le combo réussissant à parcourir un style où le grand frère Neurosis a tellement marqué les esprits qu'il est difficile de ne pas paraître comme jouant en seconde division. Mais Cult Of Luna a réussi à se dégager et à se forger son propre univers sans cesse renouvelé et complété.
Vertikal, le sixième album des Suédois, débarque donc le 29 janvier, avec en parallèle une tournée de promotion. Pour cet album (avec un passage au Hellfest), le groupe s'est inspiré du film Metropolis de Fritz Lang et de l'esthétique communément associée à l'expresionnisme allemand. Plutôt ambitieux, vous en conviendrez. La pochette de la bête présente de longues traînées de peinture noire, verticales, comme la silhouette d'une ville peinte par Soulages. Les premiers sons de Vertikal sont ceux de The One, une intro futuriste qui n'est pas sans rappeler la BO de Prometheus (seule réussite de ce navet, mais je m'éloigne). I : The Weapon démarre ensuite et on se retrouve en plein dans le bain Cult Of Luna que l'on connait, un postcore monstrueusement travaillé où chaque détail est important. Ce premier morceau, sur un passage assez planant et lumineux, comporte un parterre de claves discret, qui donne cet aspect un peu mécanique dans le rythme mais organique dans le son et rend la musique de Cult Of Luna si particulière. Vicarious Redemption, le titre suivant, est la pièce maîtresse de l'album. Du haut de ses dix-neuf minutes, le titre est un voyage à travers les ténèbres et la lourdeur. Les nappes électro du début, lourdes et angoissantes, sur lesquels s'ajoutent imperceptiblement les autres instruments, introduisent une atmosphère sombre. Larsen après larsen, les guitares s'installent et le morceaux commence à bouger. La première explosion arrive avec la voix de Johannes Persson qui, malgré le départ de Klas Rydberg, confère la puissance et la rage dont les morceaux se nourrissent. Vers le milieu du morceau, alors que les sons électro du début se sont un peu fait oublier, débarque un plan aux relents dubstep qui confirme la capacité du groupe à aller chercher ce dont il a besoin dans tout les univers musicaux et surtout son aptitude à digérer ses influences. The Sweep arrive ensuite et s'avère être la suite de The One. Toujours dans cette esprit futuriste et inquiétant, ce court morceau (trois minutes) permet de se remettre d'aplomb après la traversée de Vicarious Redemtion. Synchronicity et Mute Departure, tous deux de très bonne facture, s'enchaînent ensuite. Le premier, sur une rythmique très saccadée, est peut-être le morceau le plus difficle d'accès et confirme que Vertikal est une oeuvre totale en réutilisant la mélodie déjà présente sur The One et The Sweep. Mute Departure reste dans cette ambiance électro qui parcourt l'album, tout en gardant la base postcore caractéristique du groupe. Après un court interlude dissonant, Disharmonia, arrive In Awe Of, pure claque postcore qui enfonce le clou. L'album se clôt sur Passing Through, sur lequel Fredrick Kihlberg prend le micro. Sa voix éthérée vous caresse le cerveau et vous permet de quitter en douceur Vertikal.
Cult Of Luna avait toujours composé des morceaux complexes, riches et fouillés, mais avec Vertikal on atteint des sommets de perfection. Rien, absolument rien, n'est à jeter, d'un bout à l'autre de l'album on côtoie le génie. Inlassablement, Cult Of Luna s'améliore et se diversifie, et Vertikal vient compléter une discographie sans déception. A écouter absolument sur votre radio marocaine, dans nos programmes d'après minuit.
Tracklist de Vertikal:
01.The One
02. I : The Weapon
03. Vicarious Redemption
04. The Sweep
05. Synchronicity
06. Mute Departure
07. Disharmonia
08. In Awe Of
09. Passing Through

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