A comme Anonymous

Le FBI s’en mêle et Megaupload est fermé ! Circulez ! il n’y a plus rien à voir ! C’est là qu’on se rend compte à quel point il était devenu coutumier de rencontrer des liens de téléchargement vers les serveurs de ce géant au pied d’argile. Ô combien de sites, de forums se sont vu du jour au lendemain privé de tout contenu et donc d’intérêt. D’autant plus que partage ne rime pas toujours avec piratage, c’est donc aussi de nombreux fichiers légaux qui se sont évaporé de la toile ce jour-là.

En s’attaquant au plus grand site de téléchargement du monde, les autorités espéraient-elles sonner le glas du détournement de fichiers ? Certainement pas, d’ailleurs la liste des sites d’hébergement est sans fin, et les internautes n’ont pas perdu de temps pour déménager leurs petites affaires ! Alors pourquoi cette action soudaine des fédéraux ? D’ailleurs n’était-ce pas plutôt à la CIA d’intervenir ? En effet, internet ne connaît pas de frontière, alors pourquoi cette mise en scène. La défense des droits d’auteurs ? Mais la création n’a pas de prix, et la gratuité est un formidable vecteur de diffusion !

En fait, il faut bien être conscient que les premières victimes du piratage ce ne sont pas les artistes eux-mêmes, mais plutôt ceux qui les produisent et les diffusent. C’est tout un système qui s’effondre, celui d’une industrie qui avait prospéré en créant des monopoles sur le divertissement. Ce sont finalement eux les lobbies du cinéma, de la télé et de la musique qui ont tremblé en voyant une partie de leurs recettes détournées par le cargo pirate ! Ils ont certainement redouté une prochaine mutation de Megaupload en site de partage légal défient toute concurrence. Il serait alors devenu inattaquable. Le FBI n’a été que la main chargée de mettre un terme à cette menace, commandité par des entreprises qui ont le bras long. Sans être paranoïaque, il est légitime de se poser la question d’à qui profite le crime. D'un autre côté, le leader du téléchargement s’en était mis plein les poches en faisant payer des abonnements aux utilisateurs, tout en étant conscient de l’illégalité des contenus hébergés sur leur plateforme. Un peu comme si l’État imposait la TVA sur le hachich, sans pour autant le légaliser. C’est un comportement complètement schizophrène, qui sans aucun doute ne pouvait pas durer éternellement !

Tout de même, je m’inquiète de la fermeture de ce site, car il signe le déclin de l’eldorado internet, la main mise des États sur la liberté d’expression et la fin du libre partage. Car en gros on essaye de nous faire croire que partager c’est voler. Franchement, quand on pense au temps que passent certains internautes pour mettre à disposition des logiciels cracker, sous-titrer des films ou des séries, créer des programmes pour contourner les limites imposées par nos machines... et tout ça bénévolement ! On peut se demander qui arnaque qui. Mais rien ne sert d’idéalisé les hommes du monde virtuel, après tout ce sont les mêmes que dans le monde matériel, ou du moins ils ne sont ni meilleurs ni plus mauvais.

Le FBI a agi de son côté, la décision de justice qui s’en suivra fera certainement jurisprudence aux USA, pourtant la règlementation d’internet n’est encore qu’une esquisse. Chaque pays gère internet à sa manière, autoritaire ou plus permissive. Il serait naïf de croire que dans les pays démocratiques le web soit le terrain de la liberté d’expression. Sous prétexte de protéger les utilisateurs, en gardant un œil sur certaines activités illicites (pédophilie, pornographie, violence et trafic en tout genre), les États profitent également de quantité de données personnelles en tout genre. Le contrôle est plus insidieux, mais il est bien présent. Le problème est que si le monde virtuel et réel sont liés, il est impossible d’appliquer la même loi dans l’un et l’autre. En effet l’utilisation d’internet a créé des situations inédites. Le soi-disant fléau du téléchargement n’est comparable à aucun autre, d’abord parce que le partage est gratuit. Pour en revenir à feu Mégaupload, je tiens à préciser que ce ne sont pas les fichiers eux-mêmes qui étaient payants, mais le service d’hébergement, ou les facilités de téléchargement. Ensuite, ces échanges ne menacent personne, et ne nuisent en aucun cas à la santé. Bien au contraire s’agissant principalement de films et de musiques ils permettent le rayonnement culturel. C’est grâce à ce système que nous autres Marocains on profite d’une offre musicale internationale (voir l’édito  En téléchargement hallal ). Si partager c’est mal alors pourquoi les États financent-ils les bibliothèques où l’on peut emprunter librement des ouvrages, DVD ou CD ? Megaupload n’était-il pas une sorte de Megabibliothèque internationale ? Seul internet permet une large diffusion des contenus très spécifique, là où les médias et maisons de production traditionnelle ne se risquent pas. Il y a la question des droits d’auteurs et de l’amortissement des frais de production, mais est-ce une raison pour brider une libre diffusion internationale ? Le groupe Radiohead a bien proposé son album « In Rainbow » en téléchargement à prix libre, et de nombreux autres groupes offrent des chansons en téléchargement gratuit. Les solutions sont nombreuses pour pallier les manques de la distribution traditionnelle couteuse et limitée.

Mais que voulez-vous quand l’argent parle la vérité ferme sa gueule. Les politiques se tournent toujours du côté des leaders économiques, ils protègent leurs business légal et injuste. Cette croisade n’a rien d’enthousiasment, c’est encore de la poudre aux yeux, des histoires bonnes pour êtres reprises massivement par les scénaristes des séries américaines, et la boucle et bouclé. Quand on dit que Megaupload est indéfendable, ce n’est pas vrai, même si ce ne sont pas non plus des héros. La révolution ne fait que commencer, notre façon de consommer la musique et l’audiovisuel a définitivement changé, et il faudra bien que le système s’y adapte tant bien que mal.

L’opération tempête Mega’up Alt+F4 ne fait que renforcer la présence policière sur le net. « Big Brother is watching you » bienvenue dans la réalité 2.0. On ne vous laissera pas prendre le pouvoir, la société n’est pas prête, les puissants ne se laisseront pas déposséder par les 99%. L’après Megaupload ne sera pas très différent de l’après Napster en ce qui concerne le partage mis à part que les fermetures vont certainement se multiplier et que les utilisateurs seront également de plus en plus surveillés. On ne verra pas de ci tôt du téléchargement légal à prix abordable avec une offre aussi large que celle des sites de libre-échange.

Tant pis pour les artistes et les producteurs qui n’ont qu’à baisser leurs prix. Tant pis pour tous ces sites web qui se sont bâtis sur les fondations sablonneuses du téléchargement et qui doivent maintenant nettoyer tous les liens obsolètes vers le serveur de Megaupload. Par contre, amateurs de musique Rock et Metal, restez à l’écoute de la bonne musique sur votre radio en libre streaming… pour l'instant !

 

A. comme Anonymous

 

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Commentaires: 5
  • #1

    Jamel inc (samedi, 04 février 2012 20:17)

    C'est fou que les 99% soient les anonymes! C'est injuste et il faut que cela cesse! Mais en attendant, pour combatre les lobbies, on arrêtera jamais de télécharger tout et n'importe quoi, sans jamais mettre les pièds dans une fnac ou dans un autre magazin de cd :)

  • #2

    HarOzzy (samedi, 04 février 2012 21:10)

    Anouar, merci pour cet article !
    comment peut on aider votre webradio ?

  • #3

    Roxane (dimanche, 05 février 2012 12:19)

    super cet édito et c cool que votre web radio soit aussi active
    toujour à l'écoute de votre bon son rock ,
    Roxy

  • #4

    ADNANE (dimanche, 05 février 2012 19:51)

    merci grand frere et bon continuation ; vive le metal !

  • #5

    DETECTEUR DE METAL (mercredi, 08 février 2012 06:40)

    Salut Anwarock, ça fait plaisir de vous lire chaque premier du mois et pensez qu'on aime bien que l'écoute de la radio reste toujours gratuite. Bon courage à toute l'équipe et bonne journée à tous ceux qui vont lire ce commentaire :-)