J'aime le rock et je déteste l'école

En ce début de septembre, alors que certains guettent la reprise des compétitions sportives ou des programmes de télévisions, d’autres remettent en route leur train-train quotidien « métro-boulot-dodo ». Pour les plus jeunes d’entre nous, encore sous la tutelle des adultes, une boule (devenue malheureusement trop coutumière) est certainement en train de se former dans leurs petits ventres au fur et à mesure que les derniers parfums de l’été se mélangent aux premiers relents de fournitures scolaires. Un vague souffle d’automne ramène à leurs petites narines les odeurs des crayons en bois, de l’encre, de la colle blanche, de la fameuse gomme encore immaculée et de toutes ces pièces maitresses bien rangées dans le dernier modèle à la mode de trousse que la moitié de la classe possède à l’identique.

Qu’y avait-il de plus traumatisant alors dans notre enfance à tous, que le premier jour d’école. C’était l’occasion d’un terrible rituel qui consistait à endosser un demi-tronc d’arbre de papier dans un cartable alors qu’on n’avait pas encore fini de mettre au placard nos jouets de plage et que notre bronzage témoignait encore des heures insouciantes passées à jouer sous le soleil. Tant que je vivrais, je ne cesserais d’en vouloir à l’école et à ses tortionnaires, appelés maitres, maitresses, profs, proviseurs, directeurs… Rien que d’y penser, j’ai une douleur qui me tord le ventre. Vous pensez sans doute que je noircis le tableau. Et bien, sachez qu’en grand malade de musique rock et metal, j’ai cumulé une rancune irrémissible contre ces établissements scolaires qui ne m’ont rien appris. Mon incarcération dans ces prisons de bien-pensants m’a causé des blessures qui ne pourront jamais cicatriser. Il n’y a aucune excuse à ce que j’y ai subit, c’est impardonnable, d’ailleurs je dédie à ces années de misère toute la trilogie « The Unforgiven » du groupe Metallica.

En grandissant, j’espérais passer l’éponge sur tout cela, mais c’est le contraire qui s’est produit. Avec le recul des années, je découvrais à quel point on avait essayé de nous endoctriner avec des choses à moitié fausses et de soi-disant bons principes qui devaient d’après eux, nous permettre d’affronter notre terrible avenir ! C’est triste à dire, mais pour nos parents, éducateurs ou enseignants, les enfants sont des sortes de boite vide à remplir de beaucoup de choses bien pesée, préparer, prémédités. Mais dès le moment où l’on quitte l’école, après avoir décroché un ou plusieurs bouts de papier, que certains surnomment aussi diplômes, on commence à entendre une tout autre chanson. On pensait s’être formé à un travail, alors qu’en fait les employeurs réclament d’autres compétences. On s’attendait à un salaire justifiant nos années d’études, on ne peut même pas espérer avoir de quoi vivre. Finalement, on s’accommode d’un métier qui ne nous convient pas vraiment. La bulle qui nous protégeait du monde extérieur éclate d’un seul coup. Après avoir été uniformisé dans le moule de l’écolier modèle sagement assis derrière son pupitre, l’atterrissage est difficile. Le rêve ou plutôt le cauchemar est terminé et la vie peut enfin commencer. On sort et on commence à entendre et voir les choses différemment autour de nous. Irrémédiablement, la réalité est antinomique à ce que l’on lit dans les manuels ou sur le tableau noir ! Souvent on s’y heurte, mais coup après coup, on recommence l’apprentissage de presque tout ce qu’on a appris.

Les diplômés, fraichement relaxés de l’enseignement, se réapproprient le langage de la rue et la vie de leur quartier où ils habitaient depuis toujours sans s’y être confrontés. C’est pourtant là que se transmettent le savoir ancestral et la religion. Malheureusement, les manuels officiels omettent l’essentiel : l’humanité et la spiritualité ! C’est aussi pour eux le moment de s’intéresser à l’Histoire officieuse et obscure, complexe et parfois injuste, au monde politique et à ses rouages peu reluisants, enfin bref de partir en quête de vérités au-delà de ce que l’on veut nous faire croire. Mais l’intégration sociale est d’autant plus difficile que le lavage de cerveau a été efficace ; résultat : un sentiment de non-appartenance à une société où on a toujours vécu et un profond dégout envers les personnes qui nous ont depuis toujours entouré. C’est quoi ces écoles qui nous gavent de désinformations ? Je maudis Charlemagne, ma prof de physique et ce malheureux professeur de musique qui a omis de m’enseigner la guitare, un instrument clef dans ma vie de merde.

Je tiens à rappeler à ceux qui prétendent avoir gardé d’excellents souvenirs de leur scolarité que ces derniers commencent souvent par : « Un jour, le prof n’était pas là… », ou par « Une blague que j’avais faite… ». On ne se rappelle que nos bêtises, celles des autres élèves, et certains cadres enseignants fous ou excentriques. Mais ce ne sont que quelques instants vaporeux à l’échelle d’une quinzaine d’années de monotonie et de privation. Les gens qui malgré tout reconnaissent avoir aimé leur passage sur les bans de l’école sont certainement atteints du syndrome de Stockholm. C’est qu’avec le temps on finit par avoir de l’affection voire de l’amour pour nos persécuteurs. Ces preneurs d’otages qui ne se contentent d’aucune rançon au service de ce système scolaire désolant à la fois triste et dispensable ont eu raison des dernières barrières de leur conscience.

 

A.

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Commentaires: 6
  • #1

    RedOne (dimanche, 04 septembre 2011 15:36)

    Vive l'école de la rue et du rock!

  • #2

    Rafael (mercredi, 14 septembre 2011 21:27)

    C'est clair, c'est les cons qui aiment l'école!

  • #3

    Sanae El Hariri (jeudi, 15 septembre 2011 18:02)

    J'aimerai parler de l'état lamentable de nos écoles publics marocaines qui me fait pleurer mais je préfère laisser ce sujet long et épineux pour une autre occasion. Mon intervention ici, se limite à une seule question qui contient en elle même la réponce: Dans des classes de plus de 30 élèves, que peut on espèrer apprendre?!?

  • #4

    adnane (mercredi, 21 septembre 2011 12:08)

    @ sanae : la seule possibilite d'apprendre klk chose au moins c'est d'etre assi derriere et mettre les ecouteurs sur les oreilles ! ;)

  • #5

    Abd El Hamid (vendredi, 30 septembre 2011 23:13)

    Les meilleurs souvenirs de ma jeunesse, datent surtout de ces temps où on était à l'université, où on était libre de faire ce qu'on voulait, étudier ou s'amuser, aller dans les cours ou en centre ville. C'était vraiment le stade scolaire ou on se dégageait complètement , en quelque sorte, de l'encadrement et l'emprise de tout ce qui est profs, administration et parents. Mais en ayant le choix, j'aurais aimé ne jamais avoir mis les pièds dans une école car on y gache les plus belles années de notre vie et j'admire tous ceux qui ont emprinté des chemins différents, dès leurs adolessance, les hippies, les bikers, les punks et actuelement, les chomeurs!

  • #6

    Love over death (lundi, 17 octobre 2011 17:35)

    Les écoles sont devenues des prisons parce que maintenant, les professeurs ne sont pas bons et travaillent n'importe comment! Avant, il fallait des années d'étude pour devenir un prof alors que de nos jours, dès que t'as un bac+4, tu peux toi aussi remplacer un prof de lycée!
    L'autre problème c'est que les élèves ne sont plus sous l'autorité des enseignants et à cause des parents, les petits mal élevés ne respectent plus personne!
    Mais bon, pourquoi s'inquièter? La solution est déjà là et s'impose affreusement, c'est iPhone et internet qui prennent notre avenir, nos familles et nos vies en mains...