Stage d'été

Tout le monde a le droit d’être en vacances, et chez Anwarock webradio, on ne fait pas exception à la règle ! Cependant pour ne pas manquer au devoir de poster un éditorial, ce qui est devenu une habitude chaque premier du mois, je vais vous faire profiter de la lecture d’une version chroniquée de mon rapport de stage. Mais attention, ce n’est pas n’importe quel stage dans l’entreprise de papa ou dans des bureaux bien climatisés, il s’agit d’un stage passé dans une vraie maison de radio !

Le 27 juin dernier, j’ai entamé un stage de quinze jours chez Beaubfm 89, une radio libre de la ville de Limoges en France. Vous allez me demander pourquoi un stage chez Beaubfm et pas ailleurs ? Et bien c’est que ces gens-là diffusent entre autres de la musique rock et particulièrement de l’indé, du collège et du garage rock, en bref tout ce qu’il me fallait pour apprendre l’art de la programmation musicale sans l’influence des grands noms ou des labels. Tout d’abord, sachez que cette radio n’a rien à voir avec nos radios marocaines soi-disant libres ! Beaubfm fonctionne grâce à quelques salariés, mais surtout grâce à des volontaires agissant dans un cadre associatif. Épargnée par tous les lobis publicitaires et les dictatures marketing, sa programmation musicale est soumise uniquement aux choix de ses animateurs, qui ressemblent d’ailleurs plus à des rocks stars qu’à des journalistes !

Au courant de la première semaine, j’ai eu l’occasion de faire un petit passage à l’antenne dès neuf heures du matin dans « ça pique un peu les yeux » l’émission matinale de Stef où l’on parlait politique, société, enfin un peu de tout et même de crottes de chien. Ensuite, je plongeais la tête la première dans un bac de CD pour commencer en beauté une journée d’écoute et de sélection. J’ai été tout de suite frappé par la profusion d’albums qui parvenaient chaque jour à la radio. Même s’il ne s’agissait que de petits groupes locaux et nationaux, ils n’avaient rien à envier aux grands du monde de la musique rock, à la fois en ce qui concerne le design de leurs pochettes et CD, et la qualité sonore. On en oubliait presque qu’il s’agissait pour certains de musique autoproduite ! Mais tout ne pouvait pas passer et il fallait du temps pour programmer cette quantité de groupe, d’ailleurs tout au long de mon stage, j’ai eu l’occasion de décrocher le téléphone pour entendre cette même question existentielle : « Quand es-ce qu’on nous passe à la radio ? » alors, je ne pouvais que rediriger l’appel vers un collègue plus expérimenté.

Durant les premiers jours, j’étais sous le charme de la découverte d’une station de radio. Je passais mon temps à explorer les studios, à fouiller les appareils et équipements sonores, et à discuter avec les marins de cette drôle d’embarcation, qui n’était pas sans rappeler l’ambiance du film « Good morning england ». Ces derniers étaient fascinants autant sur le plan humain que professionnels. Tellement professionnels qu’au moment où ils étaient en direct, ils pouvaient profiter du passage d’une chanson de trois minutes, pour se permettre d’aller aux toilettes ou de se faire un petit café avant de reprendre le micro ! Les gars de Beaubfm 89 savaient aussi être polyvalents dans leur travail. Ils pouvaient assurer le live, la préparation des émissions avenir à l’intérieur comme à l’extérieur des studios.

Ma deuxième et dernière semaine de stage dans cette radio m’a permis de côtoyer le côté administratif de ce média libre et d’approfondir mes connaissances sur les cadres juridiques d’une diffusion en modulation de fréquence. En effet, l’exclusivité du contenu est soumise à certaines règles, et le cadre associatif doit être bien respecté. Néanmoins, je ne me suis pas trop éloigné des studios, car j’ai été appelé à réaliser une petite émission à propos de notre musique Rock et Metal made in Morroco. C’était important pour moi de faire découvrir aux auditeurs français ce qui se faisait par chez nous. Malgré le manque de moyens et d’équipements pour l’enregistrement, l’amour pour la musique rock a bel et bien ses représentants au Maroc. Ma conclusion à ce sujet est simple, si nos talentueux musiciens avaient la possibilité d’avoir de bons instruments, de pouvoir répéter et enregistrer dans de vrais studios spécialisés dans tout ce qui est rock et metal, le résultat serait tout autre et le succès de nos rockeurs nationaux dépasserait certainement les frontières !

Mon séjour chez Beaubfm m’a permis de faire le plein d’informations sur les métiers de la radio. J’ai pu approcher un peu plus cet univers sonore ou la musique est à l’honneur. J’espère un jour rejoindre ces hommes et ces femmes de l’ombre qui donne vie à notre poste de radio. Sur le plan journalistique, j’ai compris aussi que la liberté d’expression au Maroc a encore quelques étapes à franchir malgré les bonnes réformes acquises. Le rôle d’une radio libre n’est pas d’imiter ou de copier le programme et le contenu des grosses radios nationales, mais plutôt de se charger des thèmes oubliés ou marginaux et même pourquoi pas d’en faire leur spécialité !

Ma seule déception fut de voir que les radios d’aujourd’hui ne ressemblent en rien aux radios d’autrefois avec leurs nombreuses machines mises en œuvre par de véritables artisans du son, l’avènement de l’informatique a complètement métamorphosé ce monde médiatique ! Finalement, il n’y a pas de différence technique entre le fonctionnement d’une simple webradio et celui d’une radio diffusant sur les ondes FM. En effet, tout peut se programmer à l’avance sur un logiciel spécialisé pour être diffusé plus tard au moment voulu. En y insérant quelques jingles et chroniques, la diffusion peut sembler en direct alors que personne n’est en poste derrière les platines ! Mais le luxe d’émettre sur la bande FM dans sa ville, dans sa région, dans son pays et d’être écouté dans des petits transistors portatifs ou dans des véhicules sur les autoroutes, reste un plaisir incomparable !

A.

Écrire commentaire

Commentaires: 1
  • #1

    Benameur Hamza (lundi, 15 août 2011 20:15)

    Très intéressant, ça a du être très instructif !